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Blushing

Exhibition

I want

Albert Elbaz

Blushing Issue

Interview by
Jessica Michault

La mode peut être un monde impardonnable. Un monde dans lequel une fois que vous en êtes exclu, c’est à vie. Surtout quand ce départ est soudain et inattendu. C’est justement la situation dans laquelle Alber Elbaz s’est trouvé chez Lanvin il y a presque trois ans. Du jour au lendemain, il a été évincé d’une société qu’il a aidé à passer du statut de belle endormie à celui de surpuissance internationale aux codes esthétiques uniques et identifiables, à cause d’une décision impulsive prise par son propriétaire au comportement erratique.
Ce type de remerciement très public entraîne son lot d’émotions partagées. Choc, colère, tristesse, et, dans le cas d’Alber, un profond sentiment d’amour. Le torrent d’amour et de soutien qu’il a reçu suite à son départ, à la fois de la part du personnel chez Lanvin (qui a d’ailleurs rédigé une lettre ouverte afin d’exprimer son désaccord) et de l’industrie toute entière, représente une moment incroyablement émouvant au sein de la carrière du créateur. Il en ressent encore les effets aujourd’hui.
C’est justement ce mélange unique d’émotions qui a découlé de cet événement cataclysmique qui a fait d’Elbaz la personne idéale pour le thème de ce numéro. Le fait de rougir est une réaction physique naturelle qui est souvent le résultat des sentiments prédedemment évoqués. Or, comme souvent lorsqu’on discute avec Elbaz, il vous surprend en percevant un sujet ou un problème particulier de façon complètement nouvelle et inattendue. Sa capacité à interpréter les émotions de façon unique est la raison pour laquelle il reste un des créateurs les plus talentueux et respectés de la mode.

Fashion can be an unforgiving place. Where once you are out – you are out. Especially when the departure is sudden and unexpected. This was the situation that Alber Elbaz found himself in at Lanvin almost three years ago. From one day to the next, he was ousted from a company he transformed from a sleeping beauty into an international powerhouse with unique and identifiable codes, on the whim of its erratic owner.
That sort of public exiting brings with it so many mixed emotions. Shock, anger, sadness and, in Elbaz’s case, a strong sense of love. The outpouring of love and support he received in the aftermath of his departure, both from the Lanvin staff (who wrote an open letter to the owner to voice their disagreement with the decision) and the industry as a whole, was an incredibly moving moment in the designer’s career. The aftermath of which he still feels today.
It was the unique mix of emotions that this catalytic event created in Elbaz’s life that made him the perfect person to talk about this issue’s theme. Blushing is a naturally occurring physical reaction to so many of those feelings. But, as always when you talk with Elbaz, he surprises you by seeing a particular subject or problem in a new and unexpected light. His ability to interpret human emotions in an original way is one of the reasons he remains one of fashion’s most talented and respected designers.

Alber, vous savez que le thème de ce numéro est Rougir.
Qu’est-ce que ce mot vous évoque ?

Je pense que les gens ne rougissent plus. J’ai l’impression que les gens n’ont presque plus honte. La dernière personne que je me rapelle avoir vu rougir est Lady Diana. Elle rougissait tout le temps ! Il y a quelque chose de si beau, si innocent et si modeste chez les gens qui rougissent.

Qu’est ce qui vous fait rougir ?

Je rougis naturellement. Je rougis tout le temps, vous pouvez le constater. Chaque fois que je mets ma main devant mon visage, vous savez qu’en-dessous je suis en train de rougir. Je suis timide. Je pense que les gens ne me voient pas naturellement comme quelqu’un de timide mais on dit toujours que les clowns sont en réalité les personnes les plus tristes. Apparemment Charlie Chaplin passait ses nuits à pleurer, à l’abri des regards, alors qu’il faisait rire les gens le jour. Alors j’ai trouvé un moyen de pleurer la journée : quand il pleut. Vous marchez dans la rue et personne ne peut dire si c’est à cause de la pluie ou si vous avez les yeux plein de larmes.

Ce que j’aime dans le fait de rougir, c’est que c’est incontrôlable. C’est une réaction physique qui a lieu pour plein de raisons différentes…

On rougit souvent quand on est confronté à la vérité. Cette histoire pourrait vous intéresser. Nous vivons dans une époque de transparence. Récemment, je pensais au concept de big brothers”, Facebook et les réseaux sociaux, ainsi qu’au fait que nous vivons dans un monde complètement transparent. Il n’y a plus de barrières. La vérité est la vraie histoire, impossible de la falsifier. La vérité est partout. Ainsi, si rougir c’est le fait d’être confronté à la réalité, alors c’est tout à fait un sujet d’actualité.

C’est difficile de trouver l’équivalent exact du terme blushing”
en français…

Ce serait simplement rougir”, le fait de devenir rouge. Pour moi, le mot blush” est aussi lié au maquillage. Aujourd’hui, le monde est avant tout visuel, tout est rapporté aux images, et d’une certaine façon le maquillage est devenu une nouvelle façon de s’habiller. Avant, il ne vous fallait rien de plus que votre jean. Désormais, il n’y a même plus besoin de jean : il vous suffit de vous maquiller, car tout ce qui compte ce sont les selfies. Il y a quelque chose de similaire entre blush” et blushing”, blush” et bullshit”, ça sonne pareil. Il y a beaucoup de mots qui me viennent mais pour moi, quand on rougit c’est parce qu’on est timide, et aussi confronté à la vérité du moment vécu. Vous savez, ce moment où quelqu’un fait quelque chose et se met soudainement à pleurer – c’est physique, une réaction physique et non émotionnelle. Un jour, on m’a dit que les larmes représentaient le moment où l’irrationnel devient rationnel. Je pense que c’est la même chose pour l’acte de rougir, car c’est avant tout physique.

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez rougi ?

Cela fait longtemps que je vis avec Alex [Koo], et parfois j’ai tendance à exagérer certains scénarios car je les perçois d’un angle ou d’une teinte différents. Lui me corrige et raconte les faits tels qu’ils se sont déroulés. Vous savez – comment ils appellent ça dans le New York Times ? Il fait du fact-checking. Je suis un peu une drama queen, alors chaque petit bouton devient tout un mélodrame. Donc j’imagine que la dernière fois que j’ai rougi doit être quand il m’a corrigé à propos de quelque chose.

Qu’en est-il de l’autre côté de l’acte de rougir ?
Que pensez-vous de son côté sexy ?

Le côté sexy du fait de rougir, c’est tout ces jeunes adolescents que l’on voit dans les films anglais. Ils rougissent tous, et il y a une vraie beauté dans tant d’innocence. C’est magnifique ! Cela me touche au coeur. Il y a quelque chose de vraiment émouvant. Ils sont toujours gênés, tout les gêne. Ils vivent dans une rougeur” naturelle, sans produits de beauté. Ni L’Oréal ni MAC ne peuvent vous donner cette teinte de rouge. Le rougissement profond est fabuleux, et dure un bon bout de temps.

Alex rougit-il ?

Non, et tant mieux pour lui !

Une autre facette du fait de rougir découle pour moi du sentiment de honte.

Pour moi, cela n’a pas de rapport. On rougit car on est confronté à la vérité. C’est comme la boîte noire dans les avions. On ne dévoile pas les secrets, mais on découvre la vérité dans cette boîte noire. Le fait de rougir est un peu comme une boîte rouge.

Où en êtes-vous dans votre vie ? Cela fait deux ans et demi que vous avez pris vos distances avec la mode. Cela vous passionne t-il toujours autant ?

Cela n’a pas été le cas pendant un bon bout de temps. Je ne voulais vraiment plus faire de la mode. Il m’a fallu du temps pour me remettre à aimer ça. Désormais, je suis amoureux. Mais que je l’aime ou non, c’est avant tout le moment de penser la mode différemment : il ne s’agit plus seulement de réfléchir à une nouvelle robe, mais aussi de réfléchir à tout le système.
Je n’hésite pas à revenir car c’est la seule chose que je sais faire. Mais je fais plus attention à la façon dont je veux faire les choses et avec qui je veux les faire. Qu’est-ce qui me rendra heureux ? Je suis dingue de tradition mais aussi d’innovation. J’aime réfléchir de façon innovante. J’aime réfléchir ! Nous vivons dans une époque où les gens sont intelligents, équipés de smartphones. Tout tourne autour de l’intelligence.
Ce n’est pas comme si on n’en avait pas, mais il faut présenter cette intelligence d’une façon différente. Même Chanel disait toujours : il ne s’agit pas de réaliser une nouvelle veste, mais une veste de qualité.” Quelle est la différence entre la nouveauté et la qualité ? La nouveauté est-elle toujours positive ? Sommes-nous plus dans la nouveauté que dans la qualité ? Sommes-nous plus concernés par la forme que le fond ? Il y a tellement de questions en attente de réponse.
Et pour revenir à l’idée de rougir… Je rougis quand je vais voir le défilé d’un ami et que tout le monde demande où je suis désormais. Je rougis quand je prends un taxi et que le chauffeur me demande, vous avez déjà retrouvé du travail ?”. Je rougis ! Mais ne vous en faites pas, le rouge me va bien.
Au moins pour moi-même, je ne voulais pas recommencer sans avoir quelque chose qui ait du sens. Je voulais retrouver la joie, le rêve et le désir. Je ne suis pas un mec à t-shirts, pas un mec de la rue. Peut-être que ce monde manque de rêves. Peut-être qu’il faut que l’on rêve pour nous élever un peu, et nous emmener ailleurs.

Parlons de votre rêve. S’est-il clarifié ? Vous êtes-vous posé beaucoup de questions ces dernières années. Alors, que voulez-vous ?

Je n’y suis pas encore, mais je m’en rapproche. Je ne sais jamais. Souvent j’y suis presque, mais je ne suis jamais complètement dedans. Je ne me dis jamais, ok, voilà ce que je veux faire.” Le jour où vous vous dites voilà ce que c’est, voilà le jour, l’endroit, l’adresse, voilà ce que je vais faire”, vous rentrez dans un monde de codes et de formules.
Une des plus belles choses dans la mode c’est qu’on n’a jamais eu besoin d’utiliser ces formules car la beauté est dans l’innovation. La beauté se trouve hors des sentiers battus – hors de la boîte rouge !
Mais afin de réfléchir différemment, il faut vous demander : pourquoi pas ? Il faut se demander pourquoi. Pourquoi et pourquoi pas. Demandez-vous quelle est la prochaine chose que vous pouvez vraiment faire de façon différente. J’ai toujours été une personne qui était plus branchée évolution que révolution. Il y a des centaines de mots pour décrire la révolution. Mais l’évolution est beaucoup plus difficile à définir car elle est plus graduelle, alors que la révolution est une explosion.

Je me souviens de ce qui devait être un de vos derniers défilés chez Lanvin. Vous aviez toutes ces robes incroyables, et vous disiez que c’était à cause de la culture Instagram. Et que si vous vouliez attirer l’intention d’Internet, il fallait proposer ce genre de robes.

En fait, c’était mon dernier défilé. Quelqu’un m’a dit cette phrase une fois, et je la cite tout le temps : la mode est comme la nourriture : il faut que ce soit frais.” Si vous la consommez un jour avant ou un jour après, cela ne marche pas, ça a un goût aigre.
À ce moment-là, je voulais montrer que je savais que c’était le début d’une nouvelle ère de la mode. Il me semblait que j’avais compris comment les murmures et les cris de la mode pouvaient travailler ensemble. La première partie du défilé n’était que murmures, mais nous ne faisons pas que murmurer, nous sommes aussi très bruyants.
Or, peut-être qu’aujourd’hui la plus grande provocation est de rester silencieux. Il y a tellement de choses que je voulais dire ces deux dernières années, sur ce qui m’est vraiment arrivé, mais j’ai choisi d’être silencieux. Généralement je suis plutôt bavard. C’était une décision difficile.

Est-ce que c’est aussi à cause des avocats ?

Je peux parler de tout et n’importe quoi, mais j’avais l’impression que ce n’était pas le moment de le faire. Garder le silence m’a demandé beaucoup plus d’énergie que si j’avais choisi de faire du bruit. Cela coûte plus d’énergie de rester silencieux. Dire non est une chose très difficile à faire. Je me suis dit non à moi-même et ai choisi de me taire, pour l’instant.
Aujourd’hui, j’ai plus d’amis que jamais. Jamais je n’aurais cru qu’il y avait autant de gens qui m’aiment de façon certaine. Je me sens comblé ! Plus que toute autre chose, peut-être que je rougis car je me sens aimé par autant de personnes.

Alber, so you know the theme of this issue is blushing. What does that word conjure up in you ?

I think people do not blush anymore. People almost have no shame, that’s the idea. The last one that I remember blushing was Lady Diana. She was always blushing ! I think there is something so beautiful, so innocent and so modest about people who blush.

What makes you blush ?

I blush naturally. I am always blushing; you can see it. Every time I put my hand in front of my face you know I am blushing underneath. I am timid. I think people wouldn’t think about me as being timid, but they always say that clowns are the saddest people. They used to say that Charlie Chaplin used to cry a lot at night when nobody was watching, but he makes people laugh during the day. So, I found a way to cry during the day, when it is raining. You walk and nobody knows if it is because of the rain or if you have tears on your eyes.

The thing I like about blushing is that you can’t control it. It is a physical thing that happens for a lot of different reasons…

A lot of the time, you blush when someone confronts you with the truth. This may be an interesting story; we are living in a time of transparency. Recently, I was thinking of this idea of big brothers, Facebook and social media and the fact that we are living in a transparent world. There are no walls anymore. The truth is the story, so you cannot fake it anymore. There is so much truth around. So then blushing, if it is all about being confronted with the truth, an interesting thing to talk about given the timing.

It’s hard to really come up with the exact right word in French that is the equivalent of blushing…

Like it is rougir,” you know when you get red. Blush for me is also linked to make-up. Today the world is visual and all about images, and in a way make-up is the new dress. You didn’t need anything between you and your jeans before. Now, you don’t even need jeans, you just have to have make-up because it is all about selfies. There is something between blush and blushing, bullshit and blush, it sounds the same. There are a lot of words that are coming together but for me, blush is coming from being timid and also a confrontation of the truth in that moment. You know, the moment when someone does something and the tears come out, which is a physical thing. It is the physical, not emotional. Once I heard that tears are the moment when the irrational becomes the rational. I think it is the same with blushing because it is physical.

Do you remember the last time you blushed ?

I am living with Alex [Koo] for so long, and sometimes I have tendency to exaggerate scenarios because I see them from different colors or angles, and he is the one who corrects me and states the facts. You know, how do you call it in the New York Times ? He is my fact-check. I am a bit of a drama queen, so every little pimple becomes a melodrama. So I imagine the last time I blushed was when he corrected me on something.

What about the other side of blushing ? What do you think about the sexy side of blushing ?

The sexy side of blushing is when we talk about young teenagers that you see in all the English movies. They are all blushing, and there is such a beauty to the innocence. It is beautiful ! It touches my heart. There is something so emotional about it. They are always embarrassed, everything embarrasses them. They live with a natural rougeur,” with no cosmetics. No L’Oreal or MAC can give you that tone of blushing. Red blushing is fabulous, and it stays for a long time.

Does Alex blush ?

No, he doesn’t, and good for him !

The other side of blushing that comes up for me is this idea of being embarrassed.

I don’t relate to that. Blushing comes from the confrontation of the truth. It is like the black box of an airplane. We don’t find the secrets, but you find the truth in the black box. Blushing is a little bit like a red box.

Where are you now in your life ? You have stepped away from fashion for two and half years now. Are you still passion about that ?

I was not for a certain time. I really did not want to do fashion anymore. It took me some time to love it again. Now, I am in love. Whether I love it or not, this is a time to think differently, so it is not only about working on a new dress but to work also on the system.
I am not hesitating to come back because this is the only thing I know how to do. But I am more careful about how I want to do it and who I want to do it with. What will bring me joy ? I am a freak for tradition and innovation. I like innovative thinking. I love thinking ! We are living in a time of smart people, smartphones. Everything is so much about intelligence.
It is not like we don’t have it, but you have to introduce it in a different way. Even Chanel always used to say, It’s not about a new jacket; it’s about a good jacket.” So what is the differences between new and good ? Is everything good, new ? We are more in the new than the good ? We are more in the surface than the subsurface ? There are so many questions to answer.
And going back to this idea of blushing… I am blushing when I am going to see my friends’ show, when everybody is asking where I am. I am blushing when I going for a taxi and the driver asks me, Are you already working somewhere ?” I am blushing ! But don’t worry, red is my color.
For me, at least, I didn’t want to start without having something with a meaning. I wanted to bring back the joy, the dream and the desire. I am not a t-shirt guy; I am not a street club guy. Maybe we are lacking some dreams in the world. Maybe we need a dream to elevate us a little bit and take us somewhere else.

Let’s talk about your dream. Have you gotten clarity ? You’ve been asking yourself a lot of questions over the last couple of years. So, what do you want ?

I am not there yet, but I am close. I never know. I am always next to it, I am never in it. I never say, Ok, this is what I want to do.” The moment you say to yourself this is what it is, this is the day, that is the place, that’s the address and this is what I am going to do, you start getting into the world of formulas and codes.
One of the beautiful things in fashion is that you never have to use these formulas because the beauty is the innovation. The beauty is to think outside of the box, the red box.
But in order to think in a different way, ask yourself why not. You should start asking why. Why and why not. Ask yourself what you can do next that is actually different. I have always been more of a person that is into evolution than revolution. Revolution, there are hundreds of words to describe it. But evolution, it is much more difficult to describe because it is gradual. Revolution is an explosion.

I remember, I think at one of your last shows for Lanvin, you had all these really loud dresses and you were saying it is because of this Instagram world, and if you are going to get attention online, it has to be these kinds of dresses.

Actually, it was my last show. Fashion,” as someone told me once, and I will always quote her, fashion is like food, it has to be fresh.” If you have it a day before or later, it doesn’t work. It is sour. At that time, I wanted to show that I knew that it was the beginning of a new era in fashion. I had my intuition about how in fashion, screaming and whispering can work together. The first part of the show was whispering, but we are not only whispering, we are also very loud. The world has become much louder.
But today maybe the best provocation is to be quiet. There was so much I had to say during these past two years, what exactly happened to me, but I choose to be quiet. Usually I am pretty chatty. It was a hard decision.

Is it because of the lawyers…

I could talk about anything and everything, but I didn’t feel it was the right time to do so. It took much more energy for me to be quiet than to be loud. It takes more energy to stay quiet. To say no is a very hard thing. I said no to myself and chose to shut-up, for now.
I have more friends now than ever; I have more people that I know they love me more than I ever believed. I feel blessed ! And more than anything, maybe I blush because I am feeling loved by so many people.

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