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Midnight

Exhibition

I want

Boris Grzeszczak

Midnight Issue

En Laponie on a coutume de croire qu’à minuit, hommes et femmes sont plus féconds. Les enfants qui naissent suite au coït de minuit sont appelés enfants du nadir. Ils se reconnaissent aux constellations qui recouvrent leur corps. Un connaisseur du ciel, en observant les tâches de rousseurs d’un enfant du nadir, peut facilement déduire le jour précis de sa conception. Il est contre-indiqué, en revanche, de procréer sous le soleil de minuit. Les enfants conçus en cette période — aux alentours du solstice d’été — ont de fortes de chances de naître albinos. 

En farsi minuit se dit نیمه شب ce qui signifie : le nombril du jour.

À Cantazaro, ville bavarde, le silence de minuit n’est pas toléré. Chaque personne réveillée en cette heure se doit de trouver un partenaire avec qui prendre bouches quelques instants. Ainsi, quand résonnent les douze coups de minuits dans les venelles venteuses de la ville, on peut voir l’amant pressé stopper sa course pour s’entretenir du cours de la bergamote avec le premier pochetron venu. En cas d’isolement, les cantazaresis sont tenus de bavarder avec n’importe quel morceau du monde sensible ( plantes, animaux, objets, nuages…) Certaines personnes, trouvant la conversation agréable, la font durer jusqu’au bout de la nuit. Mais il faut savoir congédier son interlocuteur avant six heures, au risque qu’il vous confisque votre raison. C’est, dans cette ville, une des premières causes de démence. 

Dans le judete d’Utag, si il reste un morceau de pain indemne après le dîner, il incombe au pater familias de le couper en deux parties égales. Juste avant la coupe, couteau dressé, ces paroles doivent être prononcées :
« le pain d’aujourd’hui — Le pain de demain. »
Les deux morceaux de pain ne doivent alors plus se toucher. Quand vient minuit, le pain d’aujourd’hui devient le pain d’hier et n’est plus comestible, même pour les bêtes. Quant au pain de demain, devenu pain d’aujourd’hui il se partage au sortir du lit. 

Il existe sur l’île de Coron un arbre qui, à minuit, produit des vibrations pouvant s’entendre à plusieurs kilomètres à la ronde. Les habitants du village le plus proche, troublés dans leur sommeil plus qu’effrayés, décidèrent un jour de le couper. Les trois hommes les plus vaillants du village furent mandatés. Après de longues heures de marche, ils trouvèrent le chaman du village assis en tailleur devant l’imposant tronc. Il les attendait. Il commença par leur reprocher d’entreprendre un tel acte sans le consulter au préalable, puis il les dissuada de couper l’arbre. D’après ses dires, l’arbre abriterait un esprit protecteur de l’île : un fois coupé, c’est toute l’île qui se mettrait à trembler, causant la perte de ses habitants. En revanche, si une nuit les vibrations n’avaient pas lieu, il faudrait y voir l’annonce d’un désastre imminent. Pour y parer, l’arbre devra être déraciné dès l’aube et brûlé le soir même en présence du chaman.
Par la suite, Il advient à plusieurs reprises, que l’arbre ne fut point secoué de vibrations. Heureusement pour lui personne n’y pris garde, tout le monde dormait, y compris le chaman. Heureusement pour les habitants de l’île la terre ne trembla pas. 

En arménien minuit se dit կեսգիշեր ce qui signifie : le moment où les roses sont noires. 

Un sâdhu connu sous le nom de Baba Chandrakanta ( aimé de la lune ) avait fait vœu d’arrêter de respirer à minuit pile chaque nuit qui le séparait de la mort. Il souhaitait, à terme, pouvoir se passer d’oxygène jusqu’à minuit dix. Tout au long de son sacerdoce, il acquit des capacités d’apnée prodigieuses. On raconte que, même dans son sommeil, Baba Chandrakanta restait fidèle à ses vœux, respectant avec une précision déconcertante l’heure du début de l’apnée. Malgré ses efforts, ce n’est qu’à l’orée de sa mort que Baba Chandrakanta put atteindre l’objectif qu’il s’était fixé. Mais cet aboutissement l’engagea sur le chemin du déshonneur.
La nuit où il atteint dix minutes sans respirer, il décida de poursuivre au delà et garda jalousement son dernier souffle en lui, empêchant ainsi son âme de se réincarner. Le comportement de Baba Chandrakanta, suscita de vives controverses au sein de sa secte, les aghoris. C’est le Guru Sri Âbha Chavrimoutou qui mit fin au débat en déclarant :
« Celui qui garde en lui son souffle dans le but de sortir indûment du cycle des réincarnations n’atteint pas pour autant le moksha. Il est un rebelle. En tant que tel, il devra recommencer le cycle des réincarnations depuis le début. » 

Un jour de marché dans le village de Fontaine-Guérin, une jeune femme prononça les paroles suivantes :
« Ah non ! je ne dors plus dans le même lit que mon cousin. Il a tendance à marquer minuit. »
Dans l’Anjou, marquer minuit veux dire avoir de fortes érections nocturnes. 

Dans les premières heures de l’empire romain, une caste d’enfants occupait une fonction délicate. Sur les cadrans solaires, ils devaient tracer à la craie les heures de la nuit qui passent. Ils portaient le nom de gardiens de minuit (mediae custodes), Nyx était leur divinité tutélaire, tous étaient des fils illégitimes de pontifes. Dans les cités importantes, ils étaient au nombre de cinq et se relayaient dans leur mission. Les mediae custodes se reconnaissaient à la grimace de fatigue qui ne quittait jamais leurs visage livides. Cette grimace, ils la gardaient jusqu’à leur mort. Le priver de sommeil à l’âge tendre, rien de tel pour abymer un homme. Dans leur tâche, ils étaient assistés d’une clepsydre qui marquait les heures. On raconte qu’un media custos de la cité de Pergame inventa un dispositif qui lui permis de voler à la nuit quelques heures de sommeil : Il avait relié à sa clepsydre une clochette qui le réveillait toutes les heures. Dès leur plus jeune âge on apprenait aux mediae custodes l’art de tracer des traits aussi précis que des ombres ( accurate quasi umbra ). Le trait marquant minuit n’était pas tracé à la craie mais au charbon de bois d’olivier. Le jour où un voile de fin duvet recouvrait leurs joues, ils quittaient leur fonction de gardien de minuit pour devenir les serviteurs des vestales. 

En swahili minuit se dit usiku wa manane ce qui signifie : le midi de la chouette. 

Chez les Okates de Nouvelle-Guinée, la demande en mariage se fait à minuit. Quand un jeune homme trouve une femme à son goût, il annonce au père de celle-ci qu’il souhaite faire sa demande. C’est la jeune femme qui décide du jour de cette demande, sans toutefois attendre plus de cinq jours. Durant cette période de réflexion elle regarde souvent le ciel. Une fois décidée, elle ôte ses nombreuses parures d’oreilles : cette nuit elle pourra entendre ce que le jeune homme doit lui dire. Ses parures, elle les dispose derrière sa hutte, dans un coffret bien en vue. Le prétendant devra les récupérer pour les porter la nuit venue. Le lendemain le père de la jeune fille donne ou non son consentement au mariage. Si à midi le soleil brille le mariage est accordé, sinon il est refusé. Dans la culture Okate, le patriarche est assimilé au soleil. Concernant les décisions importantes, l’un ne peut se prononcer sans l’avis de l’autre. On comprend aussi pourquoi la demande se fait à minuit, heure où le soleil est de l’autre côté du monde ; heure où le patriarche dort à poings fermés. Dans les faits, la nuit de la demande, le patriarche ne dort jamais. Il veille à ce que sa fille et son prétendant ne consomment pas le mariage avant l’heure. Il doit cependant simuler un ronflement tonitruant pour que les deux jeunes gens opèrent en toute quiétude.

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La nuit du 31 décembre, partout dans le monde, on peut entendre les hommes hurler le décompte des dernières secondes de l’année. À Salamanque, où le compte à rebours se fait sans tapage, le hasard d’une cueillette décide de sa durée. Peu avant minuit chaque membre d’un groupe tient en main une grappe de raisin qu’il a lui même cueillie. Celui dont la grappe contient le plus grand nombre de grains, engage le compte à rebours. À chaque seconde un grain est avalé. Au fur et à mesure, les autres participants rejoignent le décompte. Un homme, monté sur une chaise, donne la cadence montre en main. Il tient ce privilège d’avoir englouti la plus grosse grappe l’année passé, manquant à cette occasion de s’étouffer. En effet, d’apparence conviviale, cette coutume est singulièrement risquée. Choisir une grappe imposante est signe de courage et de virilité gloutonne, deux qualités requises chez le salamantin dans la force de l’âge.

En yi minuit se dit ꌴꏞ ce qui signifie : l’heure où le monde est dans l’encrier.

À l’époque ou la corse était peuplée par les Vanacinis, il s’y déroulait une fois par ans, la pêche dite du cochon. Cette pêche se déroulait lors de la première quinzaine de mai à minuit, en voici les étapes :
Quelques pêcheurs accompagnés d’un prêtre et d’un cochon embarquent sur un modeste bateau prenant avec eux un brasero. Quand, à minuit, la constellation du cochon apparaît à l’horizon le prêtre allume le brasero et sacrifie le cochon. Sa dépouille est jetée à la mer. Pour les Vanacinis la mer et le plus court chemin vers le ciel. Le cochon plongé dans le reflet de la constellation qui porte son nom, prend le relais du cochon tué l’année passée. Puis les pêcheurs jettent leurs filets qui ne tardent pas à se remplir de poissons attirés par la lumière du brasero. Un groupe de femme accueille par des chants le retour du bateau. Elles sont réparties en trois groupes d’âge dont les rôles diffèrent. Les plus vielles retirent la peau des poissons — probablement des dorades — en prenant soin de perdre le moins d’écailles possible. Les femmes d’âge moyen se chargent de la cuisson des poissons. Celle-ci se fait sur le feu du brasero descendu du bateau par des hommes prêts à se brûler. On confie aux jeunes filles les peaux de poissons avec lesquelles elle doivent former un grand disque au sein d’un espace sacré bordé de mégalithes. Ce disque est le miroir du soleil. Après que le prêtre ait béni le grand miroir tout le village retourne sur la plage faire un festin de poisson grillés. Le ventre plein, tout le monde se réunit autour de brasero pour chanter en attendant le lever du jour. Cette coutume a trait à la peur que le soleil, un jour, décide de ne plus se lever. En lui fabriquant un miroir dans lequel il peut admirer sa beauté les hommes flattent le soleil. Par leurs chants, ils lui prouvent leur amour et lui demandent de revenir encore et toujours. Une des chansons de veillée dit en substance toute l’adoration que les Vanacinis vouent au soleil : 

Soleil tu ne vieillis pas 
toujours brûlant tu demeures
Regarde-toi dans le miroir 
les années n’altèrent pas ta beauté 
Tes rides tu les confies aux hommes 
qui les acceptent avec joie

L’usage des peaux de dorades pour la fabrication du miroir a une double utilité : en plus de refléter la lumière, les peaux, à mesure que le soleil monte, commencent à puer. Ainsi le soleil ne peut pas s’adorer trop longtemps. Quand son image sent trop fort le poisson pourri, elle lui devient insupportable et il retourne de l’autre coté de la terre. Si ces hommes adorent le soleil, ils veulent aussi la nuit.

On certain mid-night customs 

In Laponia, it is traditionally believed that at midnight, men and women are more fertile. Children born from midnight couplings are called children of the nadir. They recognise each other by the constellations which cover their bodies. An astrologer, observing the freckles of a child of the nadir, can easily deduce the exact day of their conception. It is ill-advised, however, to procreate under the midnight sun. Children conceived during this period – around the summer solstice – are very likely to be born albino. 

In Farsi, midnight is called نیمه شب which means: the day’s navel.

In Cantazaro, a talkative town, the silence of midnight is not tolerated. Anyone awake at this hour must find a partner with whom to exchange a few words. Thus, when the clock strikes 12, as the wind wuthers in the winding streets of the city, one can see the ardent lover stop in their tracks to exchange a few words about cabbages and kings with the first drunkard they find. If alone, Cantazaresis must converse with any element in the phenomenal world (plants, animals, objects, clouds). Some people, finding the conversation agreeable, keep it going until the end of the night. But you have to know how to take leave of your interlocutor before 6 in the morning, lest they relieve you of your reason. This is one of the primary causes of madness in this town.

In the judete of Utag, if a morsel of bread remains after dinner, it is incumbent upon the pater familias to cut it into two equal pieces. Just before cutting, knife at the ready, these words must be spoken: 

The bread of today – the bread of tomorrow.”

The two halves must not thenceforth touch each other. When midnight comes, today’s bread becomes yesterday’s bread and can no longer be eaten, not even by the animals. As for tomorrow’s bread, now today’s bread, it is shared first thing in the morning. 

On the island of Coron exists a tree which at midnight produces vibrations which can be heard from several kilometres away. The inhabitants of the local village, disturbed in their sleep rather than afraid, decided to cut it down. They despatched the three bravest men in the village. After many hours of marching, they found the village shaman sat cross-legged in front of the imposing trunk. He was expecting them. He began by reproaching them for undertaking such an act without consulting him beforehand. Then he dissuaded them from cutting down the tree. According to him, the tree sheltered the island’s guardian spirit: if it were cut down, the entire island would start to shake, causing the loss of its inhabitants. On the other hand, if one night there were no vibrations, it would be a sign of imminent disaster. To prevent such an eventuality, the tree would have to be uprooted at the break of dawn and burnt the very same evening in the shaman’s presence. Subsequently, in the years that followed, it came to pass several times that the tree did not shake. Happily for it, nobody noticed as everyone, including the shaman, was sleeping. Happily for the inhabitants of the island, the earth did not shake. 

In Armenian, midnight is called կեսգիշեր which means: the moment of the darkling rose. 

A sâdhu known by the name of Baba Chandrakanta (beloved of the moon) had sworn to stop breathing at the stroke of midnight every night which remained to him until death. He hoped, eventually, to be able to go without oxygen until ten past midnight. Over the years of religious devotion, he acquired a prodigious ability to hold his breath. It is said that even in his sleep, Baba Chandrakanta kept his vow, respecting, with a disconcerting precision, the moment at which he had to stop breathing. Despite his efforts, it was only on the brink of death that Baba Chandrakanta reached the goal which he had set for himself. But this achievement set him on the path to dishonour.
The night he managed to go ten minutes without breathing, he decided to push himself still further, and jealously preserved his last breath within himself, thus preventing the reincarnation of his soul. Baba Chandrakanta’s behaviour provoked lively debate amongst his co-religionists, the aghoris. It was the guru Sri Âbha Chavrimoutou who put an end to the debate, declaring: 

He who keeps his last breath within himself with the aim of escaping the cycle of reincarnations does not for all that attain moksha. He is a rebel. And as such, he will have to start the cycle of reincarnations all over again from the start.”

One market day in the village of Fontaine-Guérin, a young woman made the following comment: 

Oh no – I don’t sleep in the same bed as my cousin any more. He has a tendency to mark midnight.” 

In Anjou, to mark midnight, means to have powerful nocturnal erections.

In the earliest days of the Roman Empire, a caste of children performed a delicate role. They had to trace in chalk on sundials the night time hours as they passed. They were called midnight’s guardians (mediae custodies). Nyx was their tutelary divinity; all of them were the illegitimate sons of priests. In the major cities, there would be five of them at any one time and they would take it in turns to perform their duty. The mediae custodies recognized each other by the grimace of exhaustion that never left their livid faces. They would keep this grimace until the day of their death. Depriving someone of sleep at a tender age is the surest way to ruin them. In their undertaking, they were assisted by an hourglass which marked the hours. It is said that a media custos from the city of Pergamon invented an apparatus which let him snatch a few hours of sleep a night. He attached the hourglass to a little bell which woke him up every hour. From a very early age the mediae custodies were taught the art of drawing lines as fine as shadow. The line marking midnight, was traced not in chalk, but in charcoal made from olive wood. The day their cheeks were shaded by a fine down, they left their post as a midnight guardian to become a servant of the vestals.

In Swahili, midnight is called usiku wa manane which means: the owl’s midday.

Among the Okate people of New Guinea, a marriage proposal must be made at midnight. When a young man finds a young woman to his liking, he declares to the father of the woman that he wishes to make his proposal. It is the young woman who decides the day of the proposal, although it must be within five days. During this period of reflection, she gazes often upon the sky. Once her mind is made up, she removes her numerous earrings: tonight she will be able to hear what the young man has to say to her. She leaves her earrings behind her hut, in a conspicuously placed chest. Her suitor will have to collect them, to bring them to her on the night of the proposal. The following day, the father of the young woman gives or withholds his consent. If at midday the sun is shining, the marriage is accepted; otherwise, it is refused. In Okate culture, the patriarch is assimilated to the sun. When it comes to important decisions, one cannot proffer his opinion without the advice of the other. It is easy to see therefore why the proposal is made at midnight – the hour when the sun is on the other side of the world, the hour when the patriarch is sound asleep. In actual fact, the patriarch is never asleep on the night of the proposal. He watches over to make sure that his daughter and her suitor do not consummate the marriage prematurely. He must, however, simulate a thunderous snoring, to enable the two young people to believe themselves alone. 

On the night of December 31st, throughout the world, the sound of men shouting the countdown to the New Year can be heard. In Salamanca, where the countdown is performed much more quietly, its duration is determined by a chance snip of the secateurs. A little before midnight, every member of a group holds in their hand a bunch of grapes which they have themselves picked. Whoever’s bunch contains the greatest number of grapes begins the countdown. Every second a grape is swallowed. In due course, the other participants join in the countdown. One man, standing on a chair, keeps time with his hands. He enjoys this privilege having swallowed the biggest bunch of grapes the previous year and managed not to suffocate himself in the process. In fact, this custom, while apparently convivial, is extremely dangerous. Choosing an imposing bunch of grapes is a sign of courage and of a gluttonous virility, two qualities demanded of a Salamantino in the prime of life.

In yi, midnight is called ꌴꏞ which means: the hour when the world is in the inkpot.

In the time when Corsica was inhabited by the Vanacinis, once a year, the ritual known as pig fishing took place. This ritual took place during the first two weeks of May, in the following stages:

Some fishermen accompanied by a priest and a pig embarked on a modest boat, taking with them a brazier. When, at midnight, the constellation of the pig appeared on the horizon, the priest lit the brazier and sacrificed the pig. Its remains were thrown into the sea. For the Vanacinis, the sea was the quickest route to the heavens. So the pig, plunged in the reflection of the constellation bearing its name, took the place of the pig killed the previous year. Then the fishermen cast their nets, which would quickly be filled with fish attracted by the light of the brazier. A group of women welcomed the returning boat with song. They were split into three age groups, each with a different role. The oldest would skin the fish – most likely bream – taking care to lose as few scales as possible. The middle-aged women would take responsibility for the cooking of the fish. This would be done on the fire of the brazier, brought ashore by men willing to run the risk of burning themselves. The young girls were given the skins of the fish with which they had to form a large disk within a sacred space demarcated by megaliths. This disk was the mirror of the sun. After the priest had blessed this large mirror the whole village returned to the beach to feast on grilled fish. Sated, everyone would gather round the brazier to sing whilst waiting for daybreak. This custom was linked to the fear that the sun one day might decide not to rise. Men flattered the sun by making the mirror in which it could admire its own beauty; they proved their love for it through their songs, and asked it to come back again and always. One of the songs from the occasion summarizes the Vanacinis’ adoration of the sun: 

Sun you do not age
Ever burning you remain
See your reflection in the mirror
Age does not wither your beauty
You entrust your wrinkles to men
Who accept them with joy

Using the skin of the bream to make the mirror had a two-fold purpose: as well as reflecting the light, the skins, as the sun rose, began to stink. Thus the sun could not admire itself for too long. When its image reeked too strongly of rotten fish, it became unbearable, and thus the sun retreated to the other side of the earth. If these men adored the sun, they also craved the night.

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