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Guru

Exhibition

I want

Theodora Allen

Guru Issue

Interview by
Cecilia Musmeci



L’univers de Theodora Allen est fait d’énigme et de délicatesse, de profondeur et de significations multiples enchâssées les unes dans les autres. La peinture de l’artiste californienne conduit vers un état transcendantal ; à travers l’art, c’est à l’introspection profonde et à une expérience méditative qu’elle invite. Theodora nous reçoit dans son atelier de Pasadena (Los Angeles). Nous parlons des rapports entre création et spiritualité, de l’émergence de la mentalité gourou’ dans l’art contemporain et de sa position vis-à-vis de ce phénomène.

Comment as-tu travaillé pour cette collaboration avec Exhibition Magazine ?

Je suis partie d’une série de tableaux ratés’ – des œuvres réalisées au cours de ces dernières années mais que j’avais fini par écarter. Il y en a certaines qui continuaient de m’interroger malgré tout, et que je gardais donc à proximité pendant quelque temps. D’autres étaient allées trop loin et je n’arrivais plus à les regarder. Bien souvent, j’apprends davantage de ces tableaux qui n’ont pas trouvé leur forme, que de ceux qui naissent tout seuls, sans difficulté. Au minimum, ils me disent quelque chose des limites du contrôle et de la perfection.
Je me suis servi des pages blanches du magazine comme d’un cache, ou d’un viseur, dans lequel j’ai découpé des ouvertures qui laissent apparaître des morceaux de ces tableaux. Quelquefois, la fenêtre souligne une forme ; quelquefois, au contraire, elle la dissimule. Progressivement, l’enjeu est devenu la recherche du nouveau dans l’ancien : réduire, isoler, capturer des potentialités continues à travers une forme de cannibalisation du travail passé.

D’où viens-tu, et comment t’es-tu construite en tant qu’artiste ?

Je suis née et j’ai grandi à Los Angeles, où j’habite encore aujourd’hui. Je crois qu’il y a une sensibilité californienne indéniable dans mon travail. Quand je rencontre des gens qui ont grandi ici, comme moi, je le devine tout de suite. En général, ce ne sont pas des « woo-woo » qui vivent dans le pur cliché « L.A. ». Au contraire, ils ont totalement les pieds sur terre, ils sont ouverts, avec même quelque chose d’imperturbable.
Trouver ma voie comme artiste a essentiellement consisté à suivre mes intuitions, à faire exactement ce que je voulais faire, en faisant abstraction de tout le reste. Je regarde essentiellement vers le futur et en moi-même, et j’essaie de puiser dans l’éternel. J’évite d’analyser les choses sous tous les angles… Je ne sais pas si je me fais comprendre ?

As-tu une pratique spirituelle quotidienne ? Si c’est le cas, peux-tu nous en dire plus ?

Peindre est ma seule activité régulière. C’est un travail difficile et solitaire, qui demande un engagement permanent. Dans les bons jours, il peut devenir méditatif. Dans les mauvais, au contraire, il peut se transformer en rumination…
Les mots « spirituel » et « spiritualité » m’interrogent, parce qu’ils peuvent signifier des choses très différentes selon les personnes. Je crois que l’on façonne ce que l’on est – ce qui est une position plus humaniste que spirituelle. En revanche, je suis convaincue qu’il y a plusieurs façons de faire l’expérience de la transcendance ; l’art, la musique, ont sans aucun doute ce pouvoir. Les produits hallucinogènes aussi. En fait, tout ce qui permet de révéler l’interconnexion entre les choses, et l’étendue de l’expérience humaine à partager.

Le monde de l’art semble avoir de nombreux « gourous » : l’argent, la célébrité, le pouvoir, l’immortalité… Certains artistes eux-mêmes deviennent des gourous, ne serait-ce que par le nombre invraisemblable de leurs followers et par leur influence sur les masses. Quel est ton rapport à cet esprit « gourou » ? Y a-t-il quelqu’un ou quelque chose qui te sert de guide spirituel ?

Ce n’est pas vraiment mon genre, et en règle générale, je ne recherche pas d’aide extérieure pour répondre aux grandes questions. S’accomplir, être heureux – c’est une affaire individuelle, et il n’y a pas de recette pour le succès personnel. Et en effet, les faux prophètes sont nombreux dans ce domaine, et il faut savoir s’en prémunir.
J’ai un profond respect pour les gens qui consacrent leur vie à la recherche de l’art, qu’il soit visuel ou non. Je m’intéresse à ceux qui créent et se remettent toujours en question – dont l’activité a toujours une résonance à la fois individuelle et plus collective. Il y a beaucoup de musiciens que j’admire, mais je ne les considérerais pas comme des guides spirituels pour autant. Je m’intéresse à ceux qui ont fait de l’art pour donner un sens à leur vie, puis l’ont partagé… Voilà ce qui est beau et important à mes yeux.

Après le prétendu passage de l’ « Ère du Poisson » à l’ « Ère du Verseau » en 2011, il semblerait que de plus en plus de gens s’intéressent à la spiritualité. Par ailleurs, Los Angeles et la Californie en général ont toujours été des lieux de ralliement pour diverses formes d’ésotérisme; et plus récemment, ils sont redevenus des destinations importantes sur la carte de l’art, notamment à cause du nombre d’artistes qui abandonnent New York pour la côte ouest. Y a-t-il une empreinte de tout cela dans la production artistique ? Est-ce que tu perçois un écho de sujets spirituels dans l’art d’aujourd’hui ?

Oui, on dirait bien que c’est dans l’air du temps… Sans aucun doute une réponse au sombre état du monde actuel : la fracture politique ; la technologie qui était censée faire le lien entre les gens, et qui finit par alimenter le narcissisme et l’aliénation, et nous priver de vrais rapports humains ; la destruction et la privatisation de la nature… Tout le monde se réfugie devant son écran. Et ceux qui ne sont pas encore totalement désensibilisés cherchent du sens ailleurs, essaient de retrouver un morceau de nature encore disponible pour s’y perdre, ou se replient en eux-mêmes.

Ta peinture oscille entre le paysage et le paysage intérieur, comme si des fantômes y étaient pris dans un enchevêtrement de dimensions superposées. Des tableaux empreints de fantaisie, mais toujours figuratifs, où l’on voit des objets, des éléments naturels, des choses concrètes… Est-ce que tu te connectes à un espace mental pour peindre, ou est-ce que tu laisses des stimulations extérieures te guider ?

Certains tableaux sont plus idiosyncratiques que d’autres. La série « Distillation » a sa propre logique interne, par exemple. J’établis un ensemble de règles qui me servent de cadre, et je travaille ensuite à l’intérieur de ce système. D’autres œuvres s’appuient davantage sur des références extérieures. Il y a de la compression, de l’aplatissement… des fusions… qui s’opèrent au fur et à mesure, en travaillant. La force motrice qui traverse toutes les étapes du travail est aussi un jeu constant avec les dualités : les sources de lumière ou d’obscurité, le permanent et l’éphémère, l’espace intérieur et l’espace extérieur, la compression de formes macroscopiques et microscopiques qui se dissolvent et se reforment à la fois.

Ton travail tisse des liens entre la peinture classique et l’abstraction, entre le symbolisme et le psychédélisme californien des années 60, comme dans un flux de conscience. Le temps est-il une illusion que tu dépasses en regardant à l’intérieur de toi-même, ou une structure linéaire qui s’affirme à travers des symboles de persistance venus d’époques différentes ?

J’essaie d’observer l’histoire de la peinture et de comprendre d’où notre génération a émergée. Ces problèmes ont été dans l’air du temps, voire omniprésents, à différents moments de l’histoire. Mais je crois qu’aucun d’entre eux n’appartient – ou n’est entièrement défini – par une époque particulière. Les symboles, les thèmes, ont tendance à se comporter comme les graines dans la terre : ils passent de l’ombre à la lumière, puis l’inverse, et ainsi de suite. Se consacrer à l’art implique néanmoins une forme d’ethos.

Y a-t-il une raison particulière pour laquelle tu exclues généralement les formes humaines de ton travail ?

Les possibilités offertes par la peinture figurative sont infinies. Il faut donc les réduire pour se concentrer sur les éléments qui approfondissent le monde que l’on cherche à construire. Je fais souvent référence à l’humain de manière détournée – les fenêtres en arcade dans de nombreux tableaux, par exemple, ont à peu près les dimensions du corps humain et invitent à ce rapprochement. Il y a quelques profils humains analogues auxquels je reviens aussi de temps en temps.

En peignant sur du lin, tu parviens à créer cet onirisme éthéré qui est si caractéristique de ton art. Peux-tu nous en dire plus sur cette technique très particulière ?

Le procédé implique d’ajouter et de retirer alternativement la peinture sur la surface du lin. J’applique lentement de fines couches de peinture à l’huile, que j’essuie ensuite systématiquement avec un chiffon lisse. Cela permet de souligner la trame du tissu. Ma technique évolue en permanence, mais la blancheur du support et le motif de la trame sont fondamentaux. C’est ce geste de retirer de la matière qui crée cette impression de distance… cette qualité éthérée dont tu parles. Le but n’est pas de laisser voir ma main, ou de loger l’expression de soi dans les empreintes du geste. Il s’agit plutôt de protéger, de révéler la lumière intérieure des tableaux ; et plus on opacifie, plus la source de lumière à l’intérieur du tableau s’estompe…

Vis-tu l’œuvre finie comme la manifestation de quelque chose d’inattendue – comme une épiphanie ? ou comme le résultat d’une recherche consciente et raisonnée ?

Je pars de l’idée d’une expérience ou d’une sensation, et je rassemble ensuite un matériau qui évoque pour moi cette expérience ou cette sensation. L’ajout et le retrait de la peinture, l’acte même de peindre s’incorporent ensuite à cette expérience. Parfois, je suis comme un architecte, qui bâtit son œuvre avec précision, en se référant méticuleusement à son plan. D’autres fois, je suis plutôt comme un tailleur de pierre, ou quelqu’un qui creuse la terre. Je peux revenir de nombreuses fois sur une même forme, pour en souligner un aspect ou en gommer un autre. Il y a aussi des allusions à l’histoire ou aux conventions symboliques… cependant je ne dirais pas qu’il s’agit de peinture historique ou de Symbolisme.

Tes œuvres ont servi d’inspiration à Hedi Slimane pour sa seconde collection féminine avec Saint-Laurent. Exhibition étant un magazine de mode qui brouille les frontières entre la mode et l’art, comment envisages-tu le dialogue entre ces deux champs créatifs ?

Lorsque Slimane était chez Saint Laurent, il avait passé commande auprès de plusieurs artistes pour des livres qui devaient être envoyés en guise d’invitations à ses défilés. Le mien était composé de tableaux réalisés au cours des années précédentes, entre lesquels s’intercalaient des photos du cosmos. Slimane avait choisi des artistes dont il sentait que le travail était proche de l’esprit qu’il voulait insuffler dans la maison mythique. C’était aussi une façon de prolonger une tradition, celle des célèbres collaborations d’Yves Saint-Laurent avec les artistes dans les années 1960 et 1970, lorsqu’il avait travaillé avec Lalanne, Mondrian, Warhol. C’était un chouette projet, auquel j’étais contente de participer.
Je ne vois pas d’asymétrie entre ces deux mondes. La vraie mode est un travail d’invention, qui a une dimension artistique. Il se peut que la mode définisse la culture encore plus que ne le fait l’art. Et bien sûr – mais comme dans l’art – il y a toute une partie dérivée, commerciale, celle de la production en masse de produits de luxe, qui joue sur les tendances et tend à la conservation du statu quo.

Quels sont tes projets pour l’avenir ? Tes sources d’inspiration pour tes nouvelles séries ?

Mes tableaux actuels travaillent essentiellement sur la structure, la compartimentation, et l’aplatissement de l’espace. J’utilise des bords perforés pour délimiter les compositions à la manière d’écrans… Il s’en dégage quelque chose de mécanique et d’ordonné. Quant au motif récurrent du papillon de nuit, il s’est mué en élément graphique, dans une métamorphose conditionnée par « l’écran ». Ce sont mes productions les plus apolliniennes à ce jour.

– Traduction t.r.

What was the process behind your collaboration with Exhibition Magazine?

For this project I’ve pulled from a cache of failed paintings—work that I made over the past several years but ultimately deemed unsuccessful. Some were paintings that I was curious about, so I kept them around for a bit. Others had gone too far out, and I wasn’t able to bring them back into view. Often I learn more from these outliers than from the paintings that come together sans struggle. At the very least they teach me about the limits of perfection and control.
Using the blank pages of the magazine as a viewfinder, I’ve cut out windows that isolate and highlight various elements from the paintings. Some shapes are delineated by these windows, others are abstracted by them. The project became about finding new in the old, reducing, distilling, and locating moments of continued potential through a sort of cannibalization of old work.

What is your background and how did you find your path as an artist?

I was born and raised in Los Angeles, where I still live. There is a decisively California sensibility to the work that I make. When I meet people that grew up here as well, I can tell almost immediately. They’re rarely the woo-woo folks that feed into that LA stereotype. The quality is… super grounded, open, and generally unflappable.
My path as an artist has been about following my intuition— making the work that I want to make and blocking out the rest. I’m looking to the future, looking inwards, and pulling from the eternal. I avoid looking from side to side… makes sense?

Do you have a daily spiritual practice? If yes, could you tell us more about it?

Painting is the only practice that I regularly keep. The work is laborious and solitary, and I’m always working at it. On the good days it’s meditative…the rough days are consumed by rumination.
The words spiritual” and spirituality” give me pause, as the term means different things to different people. I believe we make who we are—that’s more Humanist than spiritual. But I do think there are various paths to experiencing transcendence; Art and music certainly have that power. Hallucinogens have that power. All tools to reveal the interconnectedness of existence, and the gamut of shared human experience.

The art-world seems to have many gurus”… money, fame, power, eternity and even actual artists turned into gurus by their astonishing number followers and their influence over the masses. How do you relate to the guru” mentality? Is there anyone or anything that you follow as your spiritual leader?

I’m not really one to join in, and rarely find myself looking for outside guidance in answering the big questions. Happiness and fulfillment—it’s personal, and there’s no benchmark for personal success. And yes, there are many false prophets in this field that you have to disregard.
I have great respect for the people that dedicate their lives to the pursuit of art, be it visual or otherwise. I’m interested in the makers that keep challenging themselves—where the output is both personal and resonant on a larger scale. There are a number of musicians that I admire, but I wouldn’t call them spiritual leaders. The ones that interest me were making art that gave their own life meaning, and sending it back out… It’s beautiful and important work.

After the shift from the so-called Age of Pisces to the Aquarian Age in 2011, more and more people seem to be interested in spirituality. LA and California in general have always been major hubs for any sort of esoterica, and lately they became major destinations on the art map due to the considerable amount of artists relocating from NYC. Does this have an impact in the production of contemporary art? Do you notice an echo of spiritual topics in the current art production?

Yes, it’s in the air at the moment, isn’t it? Undoubtedly a response to the grim state of our world at present. The schism in politics; technology that’s meant to connect people, but ends up just feeding personal narcissism and alienating us from real human interaction; the destruction and corporatization of the natural world. Everyone’s tuned into their screens. The people that haven’t been desensitized by it all are looking elsewhere for meaning—trying to find what’s left of nature to get lost in, or turning inwards.

Your paintings fluctuate between landscape and mindscape like ghosts caught in layers of multiple dimensions. Whimsical yet always figurative, they feature objects, natural elements, concrete things. Do you tune into your own headspace when you paint or do you let external suggestions guide you?

Some paintings are more idiosyncratic than others. The Distillation” paintings have their own internal logic. I’ll make a set of rules as a framework and then work within that system. Other paintings pull from exterior references. There is a compression, or flattening… merging… that happens through the painting process. The driving force across chapters of work continue to be the recurrent play of dualities: sources of lightness and dark, permanence and ephemerality, interior and exterior space, a compression of macro and micro forms that are simultaneously forming and dissolving.

Your work connects classical painting with abstractionism, symbolism and California’s 60’s psychedelia like in a stream of consciousness. Is time an illusion that you overcome by looking inward or a linear structure that you affirm through symbols of persistence ranging from different eras?

I’m looking at the history of painting and what our generation is emerging from. At different points in time these concerns were more ubiquitous, or more of the zeitgeist. But I don’t think any of it is owned by, or qualified by, any other single time. Symbols and themes tend to operate like a seed in the ground— from dark to light, and back again. The commitment to artistry speaks to a certain ethos though.

Is there any specific reason for which you tend to avoid the human form as the subject of your works?

There’s an infinite number of possibilities within representational painting…So, you narrow it down, and focus in on the elements that further the world you want to build. I will often refer more obliquely to the human form—the arched windows in many of the paintings are roughly the dimension of the body and they invite that comparison. There are also a few analogous human profiles that I return to from time to time.

By painting on linen you are able to achieve the dreamy, ethereal quality that is so quintessential to your art. Could you share more about this very specific technique?

The process involves adding and removing oil paint on linen. I’m slowly putting down thin layers of paint, and then systematically wiping it away with a soft cloth… the weave becomes pronounced through this action. It’s a process that’s always evolving, but the white of the painted ground, and the grid of the fabrics weave are paramount to the work. It’s that action of removal that gives the feeling of distance…That ethereal quality, as you said. It’s not about preserving my hand in the work, or self expression through mark making. It’s about preserving and revealing the paintings inner light, and the more opacity added in, the more the light source in the painting dims.

Do you experience a finished artwork as an unexpected manifestation of an epiphany or as the result of a grounded and mindful research?

I’ll get an idea about a certain experience or feeling, and I’ll collect material that evoke that feeling for me. The adding and removing, the experience of making the painting—all of that becomes a part of the feeling. Sometimes I’m an architect, building this thing up with precision and referring to my blue print. Other times I’m carving out or excavating. I’ll go over a shape many times, emphasizing or obfuscating a form. There are historical references, and allusions to symbolic conventions in the work, but I wouldn’t classify it as History Painting, or Symbolism.

Your paintings were an inspiration for Hedi Slimane’s second women’s collection at Saint Laurent. As Exhibition is a fashion magazine blurring the lines of art and fashion, how do you see the intersection of this two creative universes?

When Slimane was at Saint Laurent, he commissioned several artists to create books that were sent out as the invitation to his runway shows. Mine was made up of paintings that I had made in the years prior, inter-spliced with photographs of the cosmos. Slimane had invited artists whose work felt akin to the spirit he was bringing with him to the iconic fashion house. It also continued the tradition of the artist collaborations that YSL was known for in the 60’s and 70’s— they’d worked with Lalanne, Mondrian, and Warhol. It was a cool project to be a part of.
I don’t see the two worlds as being dissimilar. There’s artfulness and invention in true fashion. Fashion, even more than art, seems to define culture. And just like in the art world, there’s also a lot that’s derivative and commercial—mass production of luxury goods that riff on trends and reinforce the status quo.

What are your plans for the future and what’s the inspiration for your new series of works?

At the moment I’m working on paintings that focus on structure, compartmentalization, and flattening of space. Perforated screen-like boundaries delineate the compositions… There’s a feeling of mechanization and order. And the recurring moth motif has evolved into a graphic element, where it’s metamorphosed with the screen”. They’re the most Apollonian of my output thus far.

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