You are using an outdated browser.
Please upgrade your browser to improve your experience.

Avatar

Exhibition

I want

Jessica Michault

Avatar Issue

Author
JESSICA MICHAULT

Exergue 1: Je veux que les femmes qui portent mes vêtements sachent qu’ils sont créés pour qu’elles se démarquent. Elles portent ces vêtements parce qu’elles veulent être audacieuses. Et c’est libérateur pour les femmes, elles veulent être la meilleure version d’elles-mêmes.”

Exergue 2:“Au fil du temps, j’ai porté de plus en plus de noir, cela a fini par devenir mon uniforme. Dans mon travail, je dois prendre tellement de décisions sur les couleurs tous les jours que j’ai eu besoin d’une couleur neutre.”

Exergue 3: Je pense qu’à présent je comprends mes forces et ce qui m’apporte de la joie, et je m’en félicite.”

Mary Katrantzou est une créatrice de mode qui a construit une marque indépendante à succès en transformant des objets de tous les jours en imprimés vifs, la base de son style collage”. Ses créations en trompe-l’œil ont réinventé des objets : des bouteilles de parfum, des billets de banque, des peintures par numéro, mais aussi des timbres poste, des insectes et de l’art topiaire. Ses tenues sont des merveilles d’audace, dessinées pour se démarquer de la foule. Quand une femme enfile l’une de ses créations, elle est instantanément métamorphosée en quelqu’un qui compte : qui sinon ferait le choix d’un vêtement Katrantzou ?
Cette conception très libre de la mode fonctionne très bien pour la créatrice qui vient de fêter les 10 ans de sa marque. Pour preuve, l’arrivée d’une nouvelle bailleuse de fonds, l’héritière et investrice en vue Wendy Yu, et le lancement acclamé d’une collection capsule de sous-vêtements colorés avec Victoria’s Secret. Pour célébrer cette date marquante dans l’histoire de sa marque, Katrantzou s’est aussi associée à MatchesFashion pour créer une mini collection pour laquelle elle a réédité 10 pièces iconiques.
Katrantzou se trouve décidément à un point crucial de sa carrière. Elle a inventé des codes devenus des références, elle a créé des relations solides avec les acheteurs et s’est construit une clientèle dévouée qui compte des poids lourds de la mode comme Cate Blanchett, Keira Knightley, Taylor Swift et Kerry Washington.
La créatrice revient avec nous sur son passé. Elle explore comment son rapport personnel à l’imprimé et à la couleur change son état d’esprit, et envisage l’avenir de sa marque en pleine ascension. 

Le thème de ce numéro est Avatar, ce qui fait de vous la personne idéale à interviewer pour le magazine. La façon dont vous mélangez les imprimés et les motifs inattendus peut vraiment transformer les femmes qui portent vos créations. Est-ce au cœur de ce que vous aimez faire ? Transformer les femmes ? Ou bien s’agit-il plutôt de les magnifier ?
C’est l’un des buts à atteindre. Je pense que les imprimés et les couleurs peuvent être un moyen de s’exprimer et de communiquer. C’est si direct, si visuel que cela a un effet. La couleur surtout peut donner de l’énergie. Mais en associant imprimé et couleur, on améliore aussi son humeur. Je suis convaincue que cela a le pouvoir de transformer non seulement la femme et comment elle se sent, mais aussi son humeur.

C’est vrai, porter l’une de vos pièces est un choix assumé. On prend la décision d’être remarquée.
Oui, je veux que les femmes qui portent mes vêtements sachent qu’ils sont créés pour qu’elles se démarquent. Je pense que les femmes qui portent mes vêtements sont sûres d’elles. Et c’est libérateur pour les femmes, elles veulent être la meilleure version d’elles-mêmes.

Vous avez passé le cap des dix ans depuis la création de votre marque. Comment s’est-elle transformée pendant la décennie ? Je me souviens être allée à votre première présentation où votre propre mère m’avait montré la collection. Quel œil portez-vous sur votre transformation en tant que créatrice et femme d’affaires ?
Après dix ans, on prend le temps de réfléchir et on comprend mieux qui l’on est. Quand on commence, on expérimente et on puise dans différents éléments parce qu’on se cherche. Ma marque a toujours été très visuelle et elle le reste aujourd’hui. Mais quand on grandit, notre ADN évolue, tout comme nos intérêts et notre vision des choses. On touche à différentes silhouettes et techniques et on comprend mieux la femme pour qui on crée les vêtements. Aujourd’hui, je me rends mieux compte de ce que représente ma marque, alors qu’au départ j’étais plus spontanée, je faisais des choix plus instinctifs. Maintenant, je suis plus stratégique quant à ce que je veux créer autour de ma marque.

Depuis que vous êtes créatrice de mode, avez-vous vu évoluer la manière dont les femmes achètent et portent les vêtements ? Quels changements vous ont surprise ou fascinée ?
Je dirais que c’est un monde beaucoup plus ouvert. Même ces dix dernières années, il s’est établi un dialogue plus large. Je ne sais pas si c’est parce qu’on est plus connectés aux autres par les réseaux sociaux, ou parce que j’ai beaucoup plus voyagé. Mais évidemment, ça ouvre l’esprit et toute cette inspiration permet de changer ses perceptions. Et c’est génial. Les femmes devraient pouvoir s’habiller pour les différents rôles qu’elles jouent chaque jour et se sentir libres d’assumer certaines caractéristiques de leur identité, et exprimer cela à travers la mode.
Pour moi, c’est positif. Il y a tellement plus de styles indépendants aujourd’hui. Probablement parce qu’il y a beaucoup de choix et que, peut-être, les femmes traversent une période où elles se sentent plus sûres d’elles-mêmes. Quand j’ai commencé, je sentais une montagne d’obstacles devant moi, l’un d’entre eux étant que je suis une femme. Mais à présent, ça me semble être quelque chose à célébrer et à protéger. Je suis vraiment fière d’être une femme indépendante à la tête de sa propre marque, et d’être un entrepreneur.

Vous avez bien raison! Une autre spécificité de votre marque est de réinventer les objets inanimés. La façon dont vous juxtaposez des motifs différents et dont vous les assemblez pour créer vos designs montrent que vous avez une vision du monde très particulière. Cela vient-il du fait que votre mère ait été architecte d’intérieur?

Grandir dans le monde du design fait qu’il y aura toujours des références au design. J’ai toujours apprécié ce domaine. Pour nos dix ans, on a créé une collection à partir d’objets de collection. Le fil qui connecte toutes mes collections, des bouteilles de parfum aux timbres, ou d’autres objets de ce type, est qu’elles tournent autour d’objets collector.
C’est un équilibre entre une appréciation du matériau et de la beauté de sa forme, et une manière de contextualiser une tension, un équilibre, une synergie entre des idées et des concepts différents. Ma méthodologie est proche de celle d’un artiste qui fait des collages : juxtaposer beaucoup d’éléments différents pour que ma perspective change selon ce que je choisis de juxtaposer.

Je sais qu’on a pu lire un million de fois que tu ne portes que du noir quand tu travailles. Mais j’ai cru comprendre qu’en vacances, tu portais tout sauf du noir. Donc d’une certaine manière, tu deviens un Avatar de toi-même quand tu pars en vacances.
Au fil du temps, j’ai porté de plus en plus de noir, au point que c’est devenu mon uniforme et après avoir analysé la raison….. c’est que dans mon travail, je dois prendre tellement de décisions sur les couleurs tous les jours que j’ai eu besoin d’une couleur neutre. C’est à la fois par volonté d’être en mode travail” et à la fois l’envie de ne pas avoir à prendre de décision du tout. Et, aussi, parce que je veux me vider la tête et ne plus voir de couleur.
Mais quand je suis en vacances, j’ai envie de sentir que je suis en vacances. Psychologiquement, le noir est mon uniforme de travail donc porter de la couleur et des imprimés pendant mes congés me permet de sentir une vraie rupture. Je me sens plus libre. C’est une autre Mary qui est en vacances. 

C’est vraiment une autre Mary! Vous dites que la couleur remonte le moral, est-ce que porter ces pièces vous transforme ? Changent-elles votre état d’esprit ou votre attitude ?
Oui, bien sûr ! La psychologie des couleur n’a rien à voir avec le thème d’une collection. Certaines femmes sont attirées par mon travail juste pour la couleur. Et parce que c’est un signe positif, c’est une marque joyeuse, en quelque sorte. Ça, en soi, peut vraiment attirer certaines femmes. Le pouvoir des couleurs dépasse la mode, il s’applique à tout autour de nous.

En parlant de changement, vous avez collaboré avec Victoria’s Secret sur une collection capsule récemment. Vous n’êtes pas habituée à créer de la lingerie, comment s’est déroulé ce processus ?
Chaque collaboration que j’ai faite a été différente, parce qu’elles dépendent toujours du produit sur lequel on travaille. C’est toujours éloigné de ce que je fais au départ. Mais c’est ça qui rend ces partenariats si intéressants. Ils me permettent d’aller plus loin, de pousser mes horizons. J’ai immédiatement pensé que ce projet serait intéressant parce qu’il existe un rapport très intime entre les femmes et ce qu’elles portent sous leurs vêtements. En plus, je n’aurais pas été capable de réaliser ce projet toute seule. C’est un produit tellement technique. L’expertise technique de Victoria’s Secret m’a beaucoup appris. C’est merveilleux de s’adresser à un public plus large.

Vous avez un nouveau bailleur de fonds. J’imagine que les fonds de Wendy Yu vont aussi vous aider à toucher un public plus large. Qu’est-ce que cela change pour vous ?
Ça n’a pas changé la façon dont on travaille, mais ça m’a permis de réfléchir à ma marque et de voir où je veux en être dans cinq ou dix ans. Le soutien de Wendy va vraiment nous aider à être reconnus en Chine. C’est merveilleux d’avoir une alliée qui croit en vous et qui se fait l’ambassadrice de votre marque. Quelqu’un qui pense comme vous et qui peut vous aider à réaliser vos objectifs grâce à son réseau, avec qui échanger des idées. À ce stade de développement de mon entreprise, il est important de planifier à l’avance au lieu de prendre des décisions à partir des opportunités que je rencontre. Il s’agit de décider de ce que je veux faire et comment je veux développer ma marque.

Donc faire une percée sur le marché asiatique est une priorité pour votre entreprise dans les années à venir. Ce qui est malin, sachant qu’il existe un amour historique des couleurs vives dans cette région du monde. Pouvez-vous parler de votre processus créatif, de la dissonance des pièces que vous assemblez ?
Quand j’ai commencé, je cherchais à protéger les idées de chaque saison. Je restais fidèle à l’idée qu’on avait établie et je la suivais jusqu’au bout, je contrôlais ce processus. Maintenant, j’accorde moins d’importance à comment débute une collection. Ce qui compte, c’est de voir comment cette idée va être exécutée, en lui donnant une chance d’évoluer avec le temps. Avant, la collection naissait avec un thème défini, alors que maintenant elle peut naître avec une humeur. Ça nous mène quelque part, et on ne définit ça qu’une fois qu’on trouve quelque chose de concret, qui ait du sens. C’est devenu un processus plus démocratique. 

À présent que vous avez un nouvel investisseur et davantage de sécurité, que voulez-vous faire de cette marque au niveau créatif ?
Ça n’a pas vraiment changé. Je comprends simplement mieux ce qu’est ma marque et ce qui m’inspire, ce qui me rend heureuse, qui est ma cliente. Cela me permet de prendre du recul. Quand on commence, on est tellement focalisé sur chaque collection et la manière de la produire : qui est le meilleur fournisseur, qui on va embaucher dans son équipe, est-ce qu’on sera capable de les motiver et de les diriger… On se noie dans tout ça, on n’a aucun recul. Je pense qu’à présent je comprends mes forces, et ce qui m’apporte de la joie, et je m’en félicite. Je sais ce qui me rend heureuse dans le processus créatif. Je suis inspirée par tous les gens merveilleux que j’ai rencontrés pendant ma carrière, c’est l’une des choses dont je suis la plus reconnaissante. Cela m’a aussi permis de me concentrer sur certains éléments que j’aime vraiment travailler, et de leur donner de l’importance. C’est ça, l’équilibre auquel on peut aspirer quand on est une marque indépendante.

TRADUCTION: JULIA BENARROUS

EXERGUE 1: I want women who wear my clothes to know that it’s designed for women to stand out. They wear them because they want to be bold. And I think that is liberating for women, they want to feel like the best version of themselves.”

EXERGUE 2: I wore more and more black over the years, to the point that it became a uniform. It’s because my work involves making so many decisions about color daily that you almost need a palate cleanser.”

EXERGUE 3: I think now I understand my strengths and I understand also what gives me joy and I think that should be celebrated.”

Mary Katrantzou is a fashion designer who has built a highly successful independent business by transforming everyday items in the world around us into vibrant prints that have been at the foundation of her collage-style clothing. Trompe l’oeil garments that have reimagine images of everything from perfume bottles, banknotes and paint by numbers kits to postage stamps, insects and topiary. Her outfits are sartorial feats of daring, designed to stand out from the crowd. When a woman slips on one of her outfits she is instantly metamorphized into someone to be reckoned with, because who else would take on a Katrantzou creation?
That sort of no holds barred approach to fashion has proven highly successful for the designer, who just celebrated the 10-year anniversary of her brand. A fact supported by the arrival of a new backer, the high profile Chinese heiress and investor Wendy Yu and the launch of a well-received capsule collection of colorful undergarments with Victoria’s Secret. And to celebrate the major milestone in the history of her company Katrantzou has also teamed up with MatchesFashion to create a mini reissue collection of 10 of her most iconic pieces from the past.
All of which is to say that Katrantzou is at a crucial point in her career. She has created well established codes, formed strong relationships with buyers and built a dedicated clientele, that including stylish heavy hitters like Cate Blanchett, Keira Knightley, Taylor Swift and Kerry Washington.
Here we take stock with the designer as she examines her past, explores how her own personal relationship to print and color transform her mindset and discuss what the future might look like for her attention getting company. 

Q: The theme for this issue is Avatar, which makes you an ideal person to interview for the magazine. The way you mix prints and unexpected motifs really can transform the women who wear them. Is that at the heart of what you like to do? To transform them? Or is it more to elevate them?
 
A: It’s one of the things you want to do. I think prints and colors can be a means of expression and communication. It’s so direct and so visual that it has an effect and I think it’s also a mood lifter, color in particular. But also I think when you combine print and color it should open up your mood. S0 it’s interesting in that way, and I think it has the power to transform not only the woman and how she feels, but also her mood. 

Q: That is so true. Wearing one of your pieces is a real choice. You’re choosing to you noticed.

A: Yes. I want women who wear my clothes to know that it’s designed for women to stand out but I think the woman who wear my clothes are women who are confident. They wear them because they want to be bold and they want to express themselves. And I think that is liberating for women, she wants to be herself and she wants to feel like the best version of herself.

Q: You have now past that crucial ten year mark of since you founded your company. So when we talk about transformation and the future of fashion can you talk a little bit about how you’ve transformed over this last decade? I remember going to your first presentation and it was your mom showing me your collection. So how do you feel about how you’ve transformed as a designer and as a businesswoman?

A: I think you do have better understanding of who you are at ten years on because you take the time to reflect. When you’re starting out you’re tapping into, and experimenting with different elements – you’re trying to find your brand. Since I started my brand was always very visual and it’s still an image brand. But I think as you evolve your DNA your interests evolve, your conceptions. You evolve different silhouettes and different techniques and also you get to really understand the woman you are designing for. I’m more aware now about what my brand represents, whereas before I was more spontaneous and made more instinctive choices. Now I am more strategic about what I want to create around my brand.

Q: And during your time as a designer have you seen the way women buy and wear clothing evolve? What are the shifts that you’ve seen that you really are surprised about or find fascinating?

A: I guess it’s a much more open world. Even in the last ten years there’s a much broader dialogue and I don’t know if it’s because we’re more connected to everyone through social media or if I’ve traveled a lot more. But obviously that opens your mind and I think it allows you to shape shift a little bit because of what inspiration you have around you. And that’s something to be celebrated. You know, women should be able to dress for the different role they play every day and feel free to kind of take on different characteristics of who they are, and express that to fashion. I think that’s a great thing and I think there’s much more independent style now. Probably because there’s so many options and maybe women are also in a period where they feel more confident. When I started I felt there were so many things stacked against me. One being the fact that I’m a woman. But now I feel actually that’s something to be celebrated and protected. I am really proud of the fact that I am an independent woman owning my own business and being an entrepreneur. 

Q: As you should be! Another thing I find so unique about your brand is your ability to see inanimate objects in new ways. The manner in which you juxtapose different patterns and the way you place them together to create your designs shows that you see the world in a very unique way. Do you think comes from the fact that your mother was an interior designer?

A: I think you know growing up around design there will always be some sort of association to design. I have always had, you know, an appreciation of that. We celebrated our ten years with a collection that was based on the idea of a collection about collectibles, because looking back I think one thread that connect my collections…from perfume bottles or a postage stamp or other objects like that – is that they’re collectibles. So I think it’s a balance between an appreciation of the material and the beauty found in design and how to contextual to a certain extent tension or balance or synergy between different ideas and different concepts. The methodology is that I think I work in a similar way to how a collage artist works, where you juxtapose a lot of different elements and your perspective changes in relationship to what you choose to juxtapose and how you render that. 

Q: So I know it’s been reported a million times that you only wear black when you work. But I understand that when you are on vacation you wear anything but black. So to a certain extent you become an Avatar of yourself when you go on holiday. 

A: For me I think progressively I wore more and more black over the years, to the point that it became a uniform and after kind of analyzing the why… it’s because my work involves making so many decisions about color daily that you almost need a palate cleanser. So I think it’s because you’re in work mode and maybe it’s partly not having to make a decision at all. And partly because you want to clear your head and not see any more color. But when you’re on holiday I think it kind of you want to feel that you’re on holiday and they think psychologically about not wearing black because it’s kind of like uniform of work. Wearing color and prints on holiday, it allows me to feel that I’m taking time off. I feel, you know, kind of freer. It’s a different Mary who is on holiday. 

Q: It’s definitely a different Mary! Do you find, because you say you know color is uplifting, that wearing those pieces transform you? That they change your mood or attitudes? 

A: Of course I do! The psychology of color has nothing to do with the theme of a collection. Some women are drawn to my work just for the color. And because it’s a positive sign and because it’s a happy brand in a way. So that alone in itself can be a really appealing for some women. I think the power of color goes far beyond fashion, has to do with everything around you. 

Q: Speaking about change, you recently collaborated with Victoria’s Secret on a capsule collection. Designing undergarments isn’t exactly in your creative wheelhouse, so what was that process like for you?

A: I think every collaboration that we’ve done is different because of the nature of the product we are working on together. It’s always coming from a different arena than what I do. But that is what makes these sort of partnerships so interesting. They allow me to push, and extend myself in a new way. And immediately I thought that this would be an interesting project because there is a very intimate relationship between a woman and what she wears under her clothing. Also it is something that I wouldn’t have been able to do on my own. It’s such a technical product, and being able to rely a lot on their technical expertise taught me a lot. And also it’s wonderful to be able to speak to a much wider audience. 

Q: You have a new backer. I imagine that the influx of funds from Wendy Yu is also going to help you reach a wider audience How does that change things for you? 

A: I think it hasn’t changed the way we work but what it has done is it allows me to look at my business and see where I want to be in five or 10 years’ time. Having the support of Wendy is really going to help us build brand awareness in China. Also it’s wonderful to have an ally that believes in you and is as an ambassador of your brand, someone who is like minded and can help you achieve your goals through their network and through having somebody to bounce ideas off of. And I think that’s very important at this point in the business that we are able to plan ahead and not just make decisions based on the opportunities that come to me. But it’s more about really deciding what I want to do and how I want to grow it.

Q: So breaking into the Asian market is a focus for your company in the coming years. Which is smart, considering that there is an historic love of bright colors in that region of the world. Can you talk a little bit about your process, the dissonance of the different pieces you put together, how does that process work for you? 

A: I think when I first started I was a lot more protective of, you know, of each season’s idea. I would stick to the idea we decided on and follow it through and I was a lot more controlling of that process. Now I think it’s less important to me where a collection starts. It’s more important to see how that idea is executed and allowing it to evolve over time. So I guess what’s changed is that the collection could start with one strong theme, it can start with a mood. And then that will lead us to something and only when we find something concrete, that makes sense, do we really begin to define it. It’s somehow become a more democratic process.

Q: Now that you have a new investor and a bit more room to breathe, creatively speaking, what do you want to do with this brand? 

A: It hasn’t really changed. It’s just that you’re more aware of what your brand is about and what inspires you. What makes you happy. Who your customer is. So it does allow you to see the bigger picture. I think when you start you are so focused on each collection and how to produce it. Who are the best supplier. Who are you going to hire as your team. Are you going to motivate and manage them. And so you are so bogged down with everything that you can’t see the larger picture. I think now I understand my strengths and I understand also what gives me joy and I think that should be celebrated. I now know what makes me happy in the design process. I’m inspired by all the amazing people I have met during my career; that’s one of the things I am most grateful for. It also has allowed me to focus more on certain elements that I enjoy doing, and growing those because I think that’s the balance that you can have when you’re an independent brand.

FR | EN