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Family

Exhibition

I want

Riccardo Tisci

Family Issue

Interview
Cecilia Musmeci

The Tisci Families

Il y a un an, le designer Riccardo Tisci quittait la direction artistique de Givenchy, après plus d’une décennie passée au sein de la maison. La marque lui doit un retour en grâce dans le paysage de la mode, avec des collections prêt-à-porter d’inspiration urbaine qui ont fait d’elle une référence en la matière, et ont contribué à renouveler en profondeur son image et son public. À l’autre extrémité de la gamme, le travail novateur de Tisci en matière de haute couture a donné un souffle créatif à l’art vestimentaire. Son parcours l’a conduit à habiller quelques-unes des plus belles femmes du monde, ainsi qu’à se nouer d’amitié avec des légendes vivantes telles que Kim Kardashian, l’artiste Marina Abramović ou encore la rédactrice de mode Carine Roitfeld.
Dans le tourbillon de sa carrière, cependant, ce sont les relations familiales qui ont permis à Tisci de garder la tête froide et les pieds sur terre. Dernier né et seul garçon d’une famille de neuf enfants, le designer avait quatre ans lorsqu’il a perdu son père. Les liens familiaux, déjà forts, se resserrent encore à l’occasion de ce deuil, et Tisci a souvent évoqué sa famille comme une source d’inspiration au fil des années.
Lorsque Tisci quitte le foyer maternel à 17 ans pour aller étudier à la prestigieuse école Central Saint Martins de Londres, il emporte avec lui ce sens de la famille, qu’il recrée avec un petit cercle d’amis. Ceux qui ne l’ont plus quitté depuis avec une poignée de nouveaux venus rencontrés à Givenchy et, bien sûr, sa vraie famille ont été le cœur de ses préoccupations au cours de l’année passée.
Quand nous l’avons rencontré, Tisci revenait d’un déjeuner avec sa mère, récemment sortie de l’hôpital où elle était soignée pour un problème de santé. L’événement avait rendu le designer pensif, le conduisant à s’interroger sur sa vie, ses projets d’avenir et son désir devenu très important pour lui d’avoir un fils.

Last year, after over a decade at the house, designer Riccardo Tisci walked away from his job as creative director of Givenchy. A brand that he put back on the fashion map, making it an epicenter of cool, street inspired ready-to-wear collections that brought an entirely new fan base to the house. And on the other end of the spectrum Tisci also designed cutting edge haute couture that gave a breath of creative fresh air to the sartorial art form. Along the way he dresses some of the most beautiful women in the world and became friends with living legends like Kim Kardashian, artist Marina Abramović and fashion editor Carine Roitfeld.
During his whirlwind career what has kept Tisci humble and his feet firmly planted on the ground is his family. He is the youngest of nine siblings and the only son to a mother who lost her husband when the designer was just four years old. This loss bonded an already close knit family even tighter together and the designer has often spoken about how his family has inspired him over the years.
Even after he left home at the age of 17 to study in London at the prestigious Central Saint Martins fashion school, Tisci found a way to recreate this sense of family through a close circle of friends who have been by his side since those early college years. Its these friends, as well as a handful that joined the group during his time at Givenchy, and his family that have been the focus of Tisci’s time over the past year.
When we spoke Tisci had just finished lunch with his mother who had recently been released from the hospital after a health scare. The event had the designer in a very reflective mood about his life, what he wants to do next and why now having a son has become something very important to him.

Vous avez grandi dans un environnement assez particulier, exclusivement entouré de femmes. En quoi cela vous a-t-il façonné ?

À vrai dire, ce que cela m’a montré, et c’est sûrement tout ce que je sais, c’est que les femmes sont extrêmement fortes. Je suis convaincu d’avoir appris de mes sœurs et de ma mère comment résoudre les difficultés. Car même si la vie est belle, tout le monde doit affronter des situations difficiles un jour ou l’autre, et ces épreuves font de vous qui vous êtes. Or je trouve non seulement que les femmes sont très courageuses devant les problèmes de la vie, mais aussi qu’elles ont tendance à les aborder d’une manière positive. Maintenant que je suis plus vieux, et que j’ai eu l’occasion de connaître davantage les hommes, je les trouve généralement plus pessimistes.J’ai donc grandi avec neuf femmes très solides, au sein d’une famille pauvre des Pouilles. J’étais jeune quand nous avons quitté le sud de l’Italie pour nous installer à Côme, dans le nord. À cette époque, les préjugés des gens du nord à l’égard de ceux du sud avaient encore la vie dure. Et puis, comme vous le savez, j’ai perdu mon père à quatre ans. Donc nous avons tous dû mettre la main à la pâte et nous avons commencé à travailler très jeunes. Je voyais la façon dont mes sœurs appréhendaient le monde extérieur, le travail, les gens, et je me souviens qu’elles étaient vraiment très fortes, de vraies combattantes, dures. Mais quand elles rentraient à la maison, le soir, c’était comme si elles avaient quitté leur armure : elles redevenaient des anges. Drôles, ouvertes, complètement différentes de ce qu’elles étaient à l’extérieur de la maison. Si l’un de nous avait un problème, tout le monde s’impliquait pour l’aider. Elles avaient un sens aigu de l’entraide. Je ne suis pas d’accord lorsque j’entends dire que les femmes ne sont pas solidaires entre elles. Au contraire, je pense que beaucoup de femmes peuvent résoudre ensemble des montagnes de problèmes.

Vous étiez le petit dernier, entouré de 8 grandes sœurs. Comment avez-vous aménagé un espace personnel au milieu de toutes ces femmes ? Est-ce que vous essayiez de vous démarquer d’une manière ou d’une autre ?

Peut-être qu’il n’y avait pas d’autre homme à la maison, mais en réalité, ma mère était comme un homme. C’est une femme très dure et la plus robuste d’entre nous. Elle était ma référence. Quant à mes sœurs, si je devais être honnête, je dirais qu’elles ne m’ont jamais traité comme un enfant. Elles me parlaient et se comportaient toujours avec moi comme avec un adulte. Ensuite, bien sûr, j’avais des affinités spécifiques avec chacune d’entre elles. L’une était comme ma mère, une autre comme une amie, une autre une partenaire de jeu… avec chacune, la relation se construisait sur quelque chose de différent.Mais nous nous sommes toujours entraidés.
Tout le monde se parle et nous nous entendons tous assez bien. À la maison, il n’y avait aucune distinction entre les hommes et les femmes. C’est donc naturellement que j’ai grandi en étant féministe. Je me rappelle que lorsque j’ai commencé à travailler, la différence de traitement entre les hommes et les femmes m’a beaucoup étonné. C’était un choc, car chez moi cette différence n’existait pas. Je lavais le linge, mes sœurs réparaient ce qui se cassait dans la maison, elles s’occupaient du jardin, elles faisaient tout ce qu’il y avait à faire et la question de leur capacité à le faire ne s’est jamais posée. Elles le faisaient, point final.

Vous qui avez été grandi sans voir de différences entre les hommes et les femmes, que pensez-vous du mouvement Time’s Up et du flot de questions que cela a entraîné autour du harcèlement sexuel ?

C’est une très bonne chose. La société entière ne pourra être que plus forte quand la voix des femmes sera davantage entendue. S’il y a une chose pour laquelle nous pouvons remercier Donald Trump, c’est d’avoir galvanisé les femmes en les poussant à parler et à prendre position, pour elles-mêmes et collectivement. Tout ce que j’espère, c’est que dans les années à venir nous verrons de moins en moins de discrimination entre les hommes et les femmes, entre les différentes cultures et les différentes couleurs de peau. Car le monde est confronté à de nombreux problèmes qu’il nous faudra résoudre ensemble. Les êtres humains détruisent la nature, et c’est donc à eux de travailler ensemble à réparer les dégâts qu’ils ont infligés à l’environnement. Nous vivons tous ensemble sur cette planète.

Il y a maintenant plus d’un an que vous avez quitté la direction artistique de Givenchy. Comment avez-vous vécu cette période de reconnexion avec votre famille et vos amis ?

Tout le monde pense que j’ai pris cette année sabbatique pour me reposer après Givenchy. En réalité, je ne me suis jamais arrêté de travailler depuis l’âge de 9 ans. Je ne voulais pas avoir de regrets quand j’aurai à faire le bilan de mon existence. J’ai pris ce congé pour ma famille. Quand je travaillais, j’arrivais toujours à dégager un peu de temps pour moi. Mais je me suis aperçu que mes neveux et nièces grandissaient très vite, que ma mère vieillissait, et même si j’ai quelquefois passé du temps avec eux ces dernières années, quand je leur rendais visite ou que je partais en vacances avec eux, c’était toujours avec une montre dans la tête. J’étais sous la pression du temps en permanence, et je n’arrivais pas à être pleinement avec eux. Avec le succès de Givenchy, je me suis mis à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le temps que je passais avec ma famille n’avait pas la qualité que je souhaitais. C’est ce temps-là que j’ai pris cette année. Le temps de faire des choses simples, de faire du shopping, d’aller voir les enfants de mes sœurs à leur spectacle de Noël, d’aller au cinéma. Simplement s’asseoir et parler des choses de tous les jours, parler de la vie. Quand je serai plus vieux, je veux me souvenir de ces choses. Je sais que ces souvenirs vont me nourrir, et qu’ils auront rendu les relations avec ma famille plus solides.

Comment les choses se sont-elles passées cette année avec votre famille de la mode, la bande d’amis que vous avez constitué pendant votre carrière ? Comment les relations avec eux ont-elles évolué ?

J’ai deux choses à dire. J’ai quitté l’Italie à 17 ans et je suis allé à Londres et j’ai construit ma propre famille d’amis là-bas. Comme vous le savez, je connais les personnes avec qui je travaille depuis parfois 20 ou 25 ans. Et eux me connaissaient quand je n’étais personne. Puis, quand je suis arrivé chez Givenchy, j’ai construit une autre sorte de famille, plus large, avec des personnes comme Marina Abramović ou Carine Roitfeld, que maintenant j’ai l’occasion de voir et avec qui j’ai le temps de parler davantage qu’auparavant. Appelez ça un groupe, une tribu ou ce que vous voudrez : pour moi, ces gens sont une famille. Ils sont de ceux qui restent à vos côtés en toutes circonstances. Je suis très fidèle en amitié, pour le meilleur et pour le pire. Lorsque j’ai un problème avec quelqu’un, je m’efforce toujours de le régler. Quand je considère que des amis font partie de ma famille, je ne les abandonne jamais. Je me bats pour eux, je trouve des solutions et je tâche toujours de partager mes réussites avec eux. Je crois que ce n’est pas si fréquent de savoir traiter ses amis comme une famille.

Que recherchez-vous chez les gens ? Après tout, vous avez déjà des tonnes d’amis…

Il y a trois choses qui m’attirent vraiment chez les gens : l’honnêteté, l’humour et l’intelligence. Et quand je parle d’intelligence, je ne parle pas d’avoir fait de grandes études ou d’avoir une immense culture. Être intelligent, pour moi, c’est avoir une forte personnalité, être ouvert et honnête. J’ai grandi avec ces valeurs, dans ma famille nous avons toujours été honnêtes les uns avec les autres. Nous avons toujours essayé d’être positifs. Je considère ma mère et mes sœurs comme des femmes intelligentes parce que ce sont des survivantes, et qu’elles ont une intelligence émotionnelle.

Je sais que votre mère vient d’avoir des ennuis de santé, et que vous êtes très proche d’elle. Cet événement vous a-t-il fait voir la vie différemment ?

Perdre ma mère a toujours été ma grande crainte. Cette fois-ci, la crise cardiaque qu’elle a eue le 1er janvier nous a tous beaucoup choqués. J’ai écourté mes vacances au Brésil pour être auprès d’elle à l’hôpital, où je suis resté avec elle jour et nuit. En la regardant se rétablir, j’ai beaucoup réfléchi. Il faut se tenir prêt, car nos parents ne sont pas immortels. Tout le monde meurt un jour ou l’autre, et c’est pourquoi il faut trouver du temps pour ceux qu’on aime, pardonner à ceux qui ont fait des erreurs dans le passé, prendre le temps d’aider ceux qui nous sont chers, car la vie passe très vite.Bien sûr, c’est une douleur pour tout le monde de voir ses parents vieillir. Mais je crois que si l’on arrive à toujours voir le meilleur en eux, à voir tout ce qu’ils nous ont donné, alors on peut vivre le reste de sa vie avec de beaux souvenirs. J’ai des amis qui sont en conflit avec leurs parents, et je leur dis toujours : « Un jour, vous le regretterez. » Les parents font des erreurs, ils sont humains, comme nous tous. Ce n’est pas simple d’être parent. Il faut aussi les voir en tant que personnes, et pas seulement comme nos parents.

Et vous ? Vous avez beaucoup de neveux et nièces, mais avez-vous déjà songé à devenir père vous-même ?

Oui. J’en parle depuis longtemps. Je sais qu’il y a des gens qui ont des enfants sans nécessairement être en couple. Je suis prêt. J’ai 43 ans et je voudrais devenir père bientôt, pour deux raisons. D’abord, j’adore les enfants. Ensuite parce que je suis le seul homme dans ma famille, le seul qui puisse faire perdurer le nom de Tisci. Ce nom va se perdre si je n’ai pas d’enfant. J’ai donc dit à ma mère et à mes sœurs que je souhaitais avoir un petit garçon très bientôt. J’espère que ce sera un garçon, parce que je veux lui donner le nom de mon père, que je n’ai pas connu quand j’étais enfant.
Il n’y a pas eu de figure paternelle dans ma vie. Mais j’aime vraiment voir autour de moi les amitiés qui existent entre des garçons et leurs pères. Je crois que pour être un bon père, il faut aussi être un bon ami. La communication avec ses enfants doit être excellente. L’idée d’élever un fils me plaît, lui montrer comment bien vivre, lui donner une bonne éducation et lui apprendre à vivre dans ce monde. Je crois que le moment est venu pour moi de partager avec mon fils ce que j’ai appris de la vie.

Maintenant que vous voulez devenir père, quelle place va occuper la mode dans votre vie future ? Y a-t-il un autre domaine créatif que vous souhaiteriez explorer ?

Vous savez, au cours de ma carrière, mon travail ne s’est jamais limité à dessiner des vêtements, à faire de beaux sacs, des bijoux ou à créer du maquillage. J’ai exploré de nombreux domaines, j’ai fait un livre, j’ai travaillé pour le théâtre, ainsi qu’avec beaucoup d’artistes différents. Maintenant que j’ai pris cette année sabbatique, je me dis que c’était vraiment le bon moment pour faire une pause. Je suis quelqu’un de très positif, et j’avais l’impression que la mode devenait très négative et commençait à changer. Maintenant, je suis prêt à revenir et je suis sûr que 2018 sera l’année pour cela. Mais je veux revenir de façon différente. Je ne veux plus être accro à mon travail comme je l’ai été jusque là. J’ai eu assez d’expériences, j’ai assez grandi maintenant pour me sentir capable de déléguer et me concentrer entièrement sur la direction artistique. Quand j’étais chez Givenchy, les choses allaient si vite que je n’ai pas appris à déléguer ni à gérer mon temps et mon énergie de façon plus intelligente. Cette année de pause m’a permis d’y voir clair sur de nombreux points, et maintenant, je suis vraiment prêt à revenir.

You had a rather unique environment growing up, surrounded pretty much exclusively by women. How do you think that shaped you during your formative years?

Well this is the only thing I have ever known. And I think it just really showed me very clearly how powerful women are. I think I really learned from my sisters and my mom is how to deal with problems. Because life is beautiful, but sometimes we have to deal with difficult situations, this happens to everybody, and it shapes who you are. And I find that women are very brave when it comes to facing problems in life, but they also approach them in a positive way. Something that I think men, now that I am grown up and have had more time to interact with men as well, that they tend to be more pessimistic.
So I grew up with nine very strong women, in a poor family from Puglia. When I was young we moved from the south of Italy up to Como in the north, and at that time there was a real prejudice in Italy between people from the north and south. Anyway, as you know, I lost my father when I was four years old. So we all had to pitch in and we all started working when we were very young. I would see how my sisters would deal with society and their work and the people around them. And I remember they were so strong, like warriors, very tough. And then at night they would come home, it was like they would take off their armour and they would become these sweet creatures. Very funny and open, just completely different than how they were when they were outside the front door of the house. It was like, if somebody had a problem then everybody got involved to help. They were very collaborative. I don’t agree when people say that women don’t collaborate well together. I think actually, when a lot of women all come together they can really solve a lot of problems.

So, you were the youngest child, with 8 older sisters. How did you create a space for yourself among all these women? Did you try to differentiate yourself and stand out?

So I might not have had any men in my house, but to be honest, my mom she is like a man. She is a real tough woman and she is the toughest one of all of us. So my mom was my reference. And my sisters, I have to be honest, they never treated me as a kid. They always spoke to me, and treated me, like an adult. But then of course I would find a different connection with each of them. One of them is like my mother, one of them is like my friend, one of them you can play games with, I would find a different thing about each one of them that we would build a connection through.
But we are all very collaborative with each other.
Everybody talks with everybody else, we all pretty much get along with each other. In our house there wasn’t any difference between men and women. And this is why I just naturally grew up as a feminist. I remember when I started working I was so surprise to discover how the world treated women differently. It was a real shock. Because in my house there was no difference. I was washing the clothing, my sisters were fixing things when they broke in the house, taking care of the garden, they did everything and there was never any question about if they were capable of it. They just did it.

What do you think, for somebody who grew up not seeing any difference between men and women, about this whole Time’s Up movement and the floodgates that have opened in terms of the issue of sexual harassment?

I think it is really good that it is happening. I think society will only become stronger when women have a bigger voice. The only thing we can thank Donald Trump for is that he galvanized women to speak up and stand up for themselves and each other. And I only hope that in the next decade we will see less and less discrimination between men and women, different cultures and different races. Because the world is facing a lot of problems that we need to deal with together. Like humans are destroying nature, so we need humans to start working together to try and fix the damage they have done to the environment. We are all on this planet together.

It has been over a year now that you walked away from your job as the artistic director of Givenchy. What has it been like to have this time to reconnect with family and friends?

Everyone thinks that I took this sabbatical year to rest after time at Givenchy. But I have really been working non-stop since I was 9 years old. I didn’t want to look back on my life and have regrets. I took it off because of my family. I could always find a bit of time for myself while I was working. But I realized that my nieces and nephews were growing up so fast, and my mom was getting older, and yes I spent time with them over the years, but it always felt like that when I went for a visit or we went on a holiday that there was always this clock ticking away. I was always watching the clock, that I couldn’t ever just be there with them one hundred percent. Because of all the success at Givenchy my job became a 24-hour thing. So I wasn’t able to have the quality time I wanted to with my family.
So this year I just took the time. The time to do simple things like go shopping, see my sisters kids in their Christmas play, go to the movies. To just sit and talk about everyday things, to talk about life. When I get older I want to have these memories. I know they will sustain me and they have made my relationship with my family even stronger.

How has it been over this past year with your fashion family. The band of friends that you build for yourself over your career? How have those relationships evolved?

Well, there are two things I have two say. I left Italy I was 17 and I went to London and I build my own sort of family of friends there. You know that most of these people who work with me I have known for 20–25 years. These are people who knew me when I was nobody. Then when I got to Givenchy I build another sort of family, a bigger, broader family with people like Marina Abramović and Carine Roitfeld who I now get to see and talk to more than I could before. You can call them a group, or tribe or whatever you want, but to me these people are family. They are the people who stick with you no matter what. For better or worst I am a very faithful friend. If I have a problem with someone I always try and work it out. When I consider a friend is part of my family I don’t drop them. I fight for them, I always try and find a solution and I always try and share my successes with them. For me, not so many people know how to live as a family with friends.

What does you look for in a person? I mean, you have already a ton of friends…

There are three things that really attract me to people; honesty, humour and intelligence. And when I say intelligence, I am not talking about someone who has a great education or a lot of culture. For me intelligence means people that have a strong personality, who are very open and honest about things. This is what I grew up with, in my family we have always been honest to each other. We’ve always been trying to be positive. I considered my mom and my sisters intelligent because they survived and they are survivors, they have an emotional intelligence.

I know that your mom just had a bit of a health scare and I know how close the two of you are. Did that experience put your life in a new kind of perspective?

It has always been my fear to lose my mom, you know. This time, when she had a heart attack on the 1st of January, it was a trauma for everybody. I rushed back from my holiday in Brazil to be with her in the hospital. And I spend all day and night with her. I was looking at her while she was recuperating and I was thinking a lot. I think you need to prepare yourself, parents are not immortals. At some point everyone is going to die so you should try to find time for the people you love, you should forgive people who made mistakes in the past, make the time to help the people you love because life goes by so fast.
Of course it breaks everybody’s heart when you see your parents getting old. But I think that if you can live this moment in a way that you really see the best in them, everything they gave to you, then you will live the rest of your life with beautiful memories. I have friends who fights with their parents, and I tell them one day you are going to regret it”. Parents make mistakes, they are humans, we are all. Be a parent is not easy. You need to see them as the people they are, not just your parents.

What about you? I know you have lots of nieces and nephews but have you ever thought about being a father yourself?

Yes. I have been talking about this for a long time.
I know some people have kids without a husband, without a wife.
I am ready. I am 43 I want to be a father very soon, for two reasons. Reason one because I love kids. Second is because I am the only boy in my family, the only one who can carry on the Tisci name in my family. So the name Tisci is going to stop if I don’t have kids of my own. So I was telling my mom and my sisters very very soon I want to have a boy. I hope it will be a boy because I want to give him the name of my father, who I never met when
I was a child.
I never had the figure of a father in my life. But I do love it when I see around me boys with their father who are also such good friends. I think to be a good father you also should be a good friend. You need to have a fantastic communication with your kids. But I like this idea of raising a son, and showing him the right way to live, to give him the right education about life and how to live in this world. I think the moment has come in my life that I want to do this, that I want to share what I have learned about life with my own son.

Well now that you are thinking about having a son, what role will the world of fashion play in your life in the future? Or is there some other sort of creative field you would like to explore instead?

You know during my career my job was never just about designing clothes and beautiful bags, jewellery and make-up. I explored a lot of things, I did a book, I worked in the theatre, I worked with many different artists. In this sabbatical year, I think personally it was the right moment to take a break. Because I am a very positive person and it felt like fashion was becoming very negative and it was going through changes. Now I am ready to come back and I am sure 2018 is going to be the year I return. But I want to come-back in a different way.
I don’t want to be a workaholic like I was in the past. I now have enough experiences and have grown enough that I feel I can delegate to people and just focus on being a creative director one hundred percent. When I was at Givenchy things were growing so fast and I didn’t have the time to learn how to delegate and be smarter with my time and where I spend my energy. The year away has really helped me get clear about a lot of things and now I am really ready to come back.

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